Comment se protéger des inondations ?

Par les dégâts humains et matériels, une inondation peut mettre à mal votre entreprise. Des archives noyées, un système informatique en panne, des polluants relâchés par la submersion ; ce sont autant de risques qui peuvent être réduits voire éliminés par des mesures appropriées. Se protéger des inondations de manière efficace, c’est possible avec un peu d’anticipation.

zone inondée

I. Comment savoir si je suis en zone inondable ?

Le plus simple, c’est de se renseigner auprès de sa commune. La mairie détient une cartographie réglementaire (l’Atlas des Zones Inondables (AZI)) qui synthétise les risques d’inondation connus du territoire et les classe en trois niveaux :

  • Rouge : construction interdite.
  • Bleu : construction possible sous certaines conditions.
  • Blanc : construction autorisée.

En ligne, le MEDDE (Ministère de l’Écologie, du Développement Durable et de l’Énergie) publie des informations sur www.georisques.gouv.fr/cartes-interactives par exemple. Pour creuser le sujet et obtenir des informations encore plus précises sur un lieu en particulier, il convient de s’adresser à des organismes spécialisés (www.cepri.net).

chantier de construction

II. Prévoir les installations en conséquence

Si vous prévoyez de construire ou de louer de nouveaux locaux en zone inondable, c’est l’occasion de concevoir votre installation en fonction des risques connus du lieu. Cela permettra une économie importante sur le long terme, que ce soit en coûts financiers ou en moyens humains et matériels déployés. Un emménagement bien pensé, c’est aussi bien moins d’urgences à gérer.

II.1 Optimiser la construction en zone inondable

II.1.1 Obligations à respecter en zone bleue

En zone bleue, les conditions à respecter sont les suivantes :

  • Construire sur la zone la moins exposée au risque du terrain
  • Surélever les planchers habitables de 0,5 à 1,5 m
  • Établir le niveau habitable au dessus des Plus Hautes Eaux Connues (PHEC)
  • Faciliter les écoulements (en laissant des ouvertures régulières autour du terrain etc)

Dans certains cas, il faut y ajouter d’autres conditions :

  • Établir une zone de refuge
  • Concevoir des accès rapides entre les étages et sous-sols
II.1.2 Des matériaux qui résistent à l’eau

En choisissant des matériaux adaptés. La structure doit être suffisamment résistante pour assurer une bonne fiabilité sous la pression de l’eau. Pour les parois, on évite les matériaux permettant la remontée de l’eau par capillarité. Les matériaux lourds (tels que parpaings et briques) résistent bien aux inondations ; en général, seul le revêtement est à refaire. Les cloisons sur ossature métallique offrent l’avantage de faciliter l’accès au réseau électrique. On peut envisager l’usage de matériaux hydrofugés si ceux-ci conservent leur caractéristique au delà de 72 h d’immersion. Dans tous les cas, faites confiance aux spécialistes chargés de la construction du bâtiment.

II.1.3 Un système de ventilation naturel

Il faut simplifier au maximum l’assèchement et le nettoyage du bâtiment, notamment avec un système de ventilation naturel (et non électrique, susceptible de tomber en panne) : des ouvertures en opposition dans le sens des vents dominants créent un courant d’air naturel.

II.1.4 … Et pour les plus ambitieux

La construction en zone rouge peut être rendue possible par l’utilisation de plates-formes amphibies. Celles-ci maintiennent le bâtiment au dessus du niveau de l’eau en lui répercutant la poussée d’Archimède. Quelques projets ont ainsi été réalisés dans le monde, mais l’investissement reste tel qu’il est rarement intéressant si l’on peut se permettre de construire ailleurs.

II.2 Organiser son emménagement pour les inondations

II.2.1 Identifier ou créer une zone non-submersible

Lors de la construction et de l’aménagement de la société en zone inondable, il convient de définir, si cela est possible, un lieu dédié au stockage de produits sensibles. Il devra se placer au dessus du niveau des Plus Hautes Eaux Connues (PHEC).

II.2.2 Déplacer les éléments vulnérables

Placer tous les éléments sensibles à l’eau dans la zone non-submersible, en hauteur ou en étage, hors de portée des inondations. Cela comprend notamment :

  • Équipements techniques (tableau électrique, chaudière etc)
  • Polluants (produits chimiques, peinture etc)
  • Systèmes informatiques
  • Documents papier

situation d'urgence inondation

III. Quand on est dans l’urgence

Que ce soit par manque de préparation ou parce qu’une inondation se déclenche dans une zone habituellement à l’abri de ces risques, l’eau arrive à votre porte et vous avez très peu de temps pour réagir. Alors, que faire ? Après la mise en sécurité du personnel vers les zones les moins sensibles (n’évacuez le bâtiment que sous les ordres des autorités) et l’extinction de l’électricité et du gaz, il faut s’occuper de prévenir au maximum les dégâts matériels.

Découvrez l’infographie de la SMMAR sur la tenue à suivre en cas d’inondation

III.1 Limiter l’entrée de l’eau

III.1.1 Identifier les points d’entrée

Portes, ventilations, évacuations : pensez à tous les accès possibles, surtout près du niveau du sol. Noter ces accès sur un plan peut s’avérer utile, notamment dans le cas de grandes structures et/ou de risque répété. Cela pourra éviter une désorganisation chère en temps et en moyens par la suite.

III.1.2 Occulter les ouvertures
  • Fermez autant que possible les points d’entrée précédemment identifiés. Un barrage de sol gonflable s’installe rapidement et permet de boucher des grandes ouvertures rapidement.
  • Assurez-vous de l’étanchéité des accès (joints des fenêtres par exemple).
  • Au delà d’une certaine hauteur, la pression de l’eau est telle qu’il peut être préférable de laisser passer un écoulement pour réduire le risque de casse.
  • L’accès à l’intérieur doit rester possible pour les secours
  • Prévoyez la gestion des eaux déviées (destination finale, débit attendu)
III.1.3 Utiliser des absorbants
  • Avant l’inondation : stockés à des endroits stratégiques sous forme de kits d’intervention, les absorbants permettent une première réaction rapide en cas d’inondation modérée. Attention à les placer à des endroits permettant un déploiement efficace.
  • Pendant l’inondation : l’utilisation d’absorbants pendant une inondation peut permettre de limiter les infiltrations d’eau. Les coussins absorbants tous liquides sont par exemple une excellente alternative aux sacs de sable. Ils peuvent également recueillir les égouttements réguliers. Les boudins se placent en bas des portes pour retenir un flux modéré. Les feuilles absorbantes trouvent quant à elles leur place un peu partout dans vos locaux.
  • Après l’inondation : Les feuilles et rouleaux permettent d’accélérer le nettoyage en épongeant rapidement le sol de grandes quantités de liquides.

bacs souples Eurosorb rétention et stockage de produits dangereux

III.2 Conduite à suivre dans le cas de stockage de produits dangereux

Si possible, il est préférable de déplacer en priorité les éléments les plus vulnérables (Informatique, papier, polluants) vers des zones de refuge non-submersibles, comme en étage. Dans le cas où le déplacement est impossible ou qu’aucune zone de refuge n’est accessible, on essaie de rehausser de manière stable ces éléments.

Dans le cas de stockage de produits polluants, la priorité est d’éviter les déversements. En effet, les liquides se diffuseraient rapidement dans l’eau, créant une pollution, et seraient susceptibles d’engendrer des réactions chimiques dangereuses. Le risque de déversement survient lorsque le contenant est renversé, endommagé ou non-étanche et en contact avec l’eau. Il représente également un risque en tant qu’objet flottant pour les personnes et le matériel (chocs, arrachement). Un fût porté par le courant peut provoquer un choc et entraîner des dégâts, décuplés par un effet domino.

Lisez également notre Guide sur le stockage des produits dangereux

Pour les petits contenants (pots de peinture, produits chimiques), il convient de les déplacer dans une zone hors submersion préalablement identifiée ou aménagée. Sinon, de les surélever.

Pour les gros contenants (cuves, fûts), et s’ils ne peuvent pas être déplacés en zone non-submersible, il faut prendre des mesures particulières :

  • Pour lutter contre la poussée d’Archimède lors de la submersion, on arrime les cuves et fûts à une structure statique et lourde, éventuellement directement au sol. L’objectif est d’éviter leur soulèvement et déplacement.
  • Pour éliminer le risque de fuite, on vérifie l’intégrité des contenants et on effectue les réparations ou renforts nécessaires.

Les bouteilles de gaz en zone submersible doivent être accrochées sur une structure solide.

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